En lotus sur le bitume bouillant et mes pieds nus,
Engoncé dans un costard ou dans un jogging,
Bouts d'chair humaine, une pincée d'cynisme,
Mes bras au ciel,
J'invoque Croissance envoie Récession aux quatre enfers :
Retour à la normale, sourires plein d'crocs,
Tous prêts pour la suite du Marche ou Crève.
Déconfinade
J'voyais des êtres civilisés, des êtres prostrés, des dos courbés, des êtres broyés par des statistiques, par l'information, des êtres qui s'inventaient de jolies histoires : des histoires de liberté d'expression, des histoires dans lesquelles ils seraient capables de réflexion, des histoires dans lesquelles ils confondaient expression spontanée et mise en perspective. Ils avaient réussi un formidable numéro de contorsion mentale, ils se gavaient de données, de chiffres, d'avis contraires, d'avis éclairés ou imbéciles et se persuadaient de devenir par ce biais des esprits libres.
C'est ce beau mensonge qui les berce, pourtant réveillés chaque minute par la lumière de la dernière notification : l'esprit libre 2.0 a une tronche pâlichonne, des cernes affreux, des tremblements, un foie en lambeaux, gobe des poignées d’anxiolytiques car PERSONNE n'est capable de supporter le flux ininterrompu sans tomber dans la névrose ou dans la bêtise. Ceux qui prétendent le contraire sont les plus toxicomanes.
C'est ce beau mensonge qui les berce, pourtant réveillés chaque minute par la lumière de la dernière notification : l'esprit libre 2.0 a une tronche pâlichonne, des cernes affreux, des tremblements, un foie en lambeaux, gobe des poignées d’anxiolytiques car PERSONNE n'est capable de supporter le flux ininterrompu sans tomber dans la névrose ou dans la bêtise. Ceux qui prétendent le contraire sont les plus toxicomanes.
Ecoulements
Les sabliers brisés par milliers, des grains bouillants dans nos iris saignants. Comme des pans de vie paumés, laissés au néant.
A trop attendre, j'avais fini par m'enraciner. J'me suis vu de haut, je dévorais le fumier servi sur des plateaux d'argent par des faux culs en costards. Les pattes dans la merde, et j'm'y sentais bien. J'avais même arrêté de beugler. Même si y'avait plus grand chose pour titiller ma boite crânienne, j'étais encore traversé par deux ou trois sourires vicelards.
Faut pas s'y tromper : le sarcasme c'est pas de l'intelligence, même si ça y ressemble un peu.
Le sarcasme c'est l'arme des vaincus, le poison de ceux qui ont peur de leur ombre.
Il y a d'la vie dans l'mouvement, et la pinte s'était arrêtée d'bouger.
Et quand bien même ! Le lever de coude comptera pas le jour où lui là-haut va dresser le bilan.
Y'a qu'une prison, et elle est dans ta tronche. La même tronche baveuse qui finit sur la cuvette un peu trop souvent.
Et si t'es plus malade, c'est peut être que tu tiens beaucoup trop bien.
Et si le quotidien a arrêté de te révolter, c'est que l'endurance à l'inadmissible pousse avec les rides.
Il paraît que ça fera de nous des hommes. Picoler, mépriser les nénettes, écraser son concurrent, c'est ça être un mec ? Non, non.
J'dirai à mon fils, celui que j'aurai jamais : ne crois jamais que tu dois leur ressembler. Tu n'as besoin que de toi même, déverse toi dans une femme, une femme que tu aimeras. Une femme qui saura qui tu es. Et le jour où elle te montrera son fessier une dernière fois, le jour où elle prendra ton cœur pour en faire des papillotes, souviens-toi que ta souffrance aussi est belle.
A trop attendre, j'avais fini par m'enraciner. J'me suis vu de haut, je dévorais le fumier servi sur des plateaux d'argent par des faux culs en costards. Les pattes dans la merde, et j'm'y sentais bien. J'avais même arrêté de beugler. Même si y'avait plus grand chose pour titiller ma boite crânienne, j'étais encore traversé par deux ou trois sourires vicelards.
Faut pas s'y tromper : le sarcasme c'est pas de l'intelligence, même si ça y ressemble un peu.
Le sarcasme c'est l'arme des vaincus, le poison de ceux qui ont peur de leur ombre.
Il y a d'la vie dans l'mouvement, et la pinte s'était arrêtée d'bouger.
Et quand bien même ! Le lever de coude comptera pas le jour où lui là-haut va dresser le bilan.
Y'a qu'une prison, et elle est dans ta tronche. La même tronche baveuse qui finit sur la cuvette un peu trop souvent.
Et si t'es plus malade, c'est peut être que tu tiens beaucoup trop bien.
Et si le quotidien a arrêté de te révolter, c'est que l'endurance à l'inadmissible pousse avec les rides.
Il paraît que ça fera de nous des hommes. Picoler, mépriser les nénettes, écraser son concurrent, c'est ça être un mec ? Non, non.
J'dirai à mon fils, celui que j'aurai jamais : ne crois jamais que tu dois leur ressembler. Tu n'as besoin que de toi même, déverse toi dans une femme, une femme que tu aimeras. Une femme qui saura qui tu es. Et le jour où elle te montrera son fessier une dernière fois, le jour où elle prendra ton cœur pour en faire des papillotes, souviens-toi que ta souffrance aussi est belle.
Des mots sur la jetée
La seule poésie qui vaille est celle du chaos,
Celle de la rage et du désespoir,
Celle qui éclate au visage, celle qui laisse des éclaboussures poisseuses,
Celle qui sent les tripes, le mauvais vin et le sperme rance.
La beauté est dans une paire de jambes pendantes,
Elle plane sous ces pompes qui contemplent l'eau stagnante,
Elle est dans l'attraction irrésistible pour le vide.
Il y a du sublime dans l'abject.
Il n'y a qu'une vérité : la démarche pathétique du poivrot du samedi soir,
Le vide de sa chambrée, sa tronche baveuse sur une cuvette.
Lui seul connaît la félicité, caresse de ces mains sales le réel : sa condition pitoyable d'animal meurtri.
Le reste n'est que tiédeur et mensonges.
Celle de la rage et du désespoir,
Celle qui éclate au visage, celle qui laisse des éclaboussures poisseuses,
Celle qui sent les tripes, le mauvais vin et le sperme rance.
La beauté est dans une paire de jambes pendantes,
Elle plane sous ces pompes qui contemplent l'eau stagnante,
Elle est dans l'attraction irrésistible pour le vide.
Il y a du sublime dans l'abject.
Il n'y a qu'une vérité : la démarche pathétique du poivrot du samedi soir,
Le vide de sa chambrée, sa tronche baveuse sur une cuvette.
Lui seul connaît la félicité, caresse de ces mains sales le réel : sa condition pitoyable d'animal meurtri.
Le reste n'est que tiédeur et mensonges.
Déclaration
D'atroces charognards apostrophent
Posés en profs
Envoient des grognards au baston
Font tourner les vestons
Atrophient les égos
Inégaux : leurs idéaux visqueux au bout des doigts
La juste balance paume son latin
Des cœurs vides d'amour d'une tonne pourtant
Des mots creux, crasseux
Le manque de temps - séquestrés
Le manque de tout orchestré
Un adage :
Maquille tes plaies
Travestis ton âme
Remplis tes poches
Tourne le dos à la vie
Mon adage : brûle, hurle,
Nos vies sont des virgules,
Ton corps nos canicules,
Et s'évanouit la pendule.
Posés en profs
Envoient des grognards au baston
Font tourner les vestons
Atrophient les égos
Inégaux : leurs idéaux visqueux au bout des doigts
La juste balance paume son latin
Des cœurs vides d'amour d'une tonne pourtant
Des mots creux, crasseux
Le manque de temps - séquestrés
Le manque de tout orchestré
Un adage :
Maquille tes plaies
Travestis ton âme
Remplis tes poches
Tourne le dos à la vie
Mon adage : brûle, hurle,
Nos vies sont des virgules,
Ton corps nos canicules,
Et s'évanouit la pendule.
Ravies sœurs
T'as vu la vie ravie
Des veaux vénaux
Des veaux voûtés
Envoûtés vite vieillots
Vouent leurs viscères aux volutes vaines
Des vies volées va-tout vital
Sans vis à vis la vie la vraie
Des va-t-en-guerre valsent
Des cartes vitales
Et crache les poumons
Les théories pourries
Des fois j'en ris
Des fois j'écris
Ravi pour rien éclate ta vie
Défait c'foutoir dans l'canapé
Refait l'monde au comptoir affalé
Dans ma chambrée ça sniffe l'amour
Flottant dans la sueur on est moins lourd
Un pète au casque
Le pèt' un masque
On tient l'alcool
L'alcool nous tient
La complainte du mec plein
Sa pinte
La plainte de ses reins
Des hommes pingouins tirent les ficelles
Font un foin de rien comme des pucelles
Y'aura pas d'thème
Mais des je t'aime
Garde tes totems
Frappe moi d'anathème
Tous vos baptêmes battent de l'aile
Et on s'envole
Mes pieds s'dérobent
Ta robe s'envole
La weed m'emmène
Les rides s'amènent
Reste un sale gosse
Face aux négoces
Au capital qu'on engrosse
Des veaux vénaux
Des veaux voûtés
Envoûtés vite vieillots
Vouent leurs viscères aux volutes vaines
Des vies volées va-tout vital
Sans vis à vis la vie la vraie
Des va-t-en-guerre valsent
Des cartes vitales
Et crache les poumons
Les théories pourries
Des fois j'en ris
Des fois j'écris
Ravi pour rien éclate ta vie
Défait c'foutoir dans l'canapé
Refait l'monde au comptoir affalé
Dans ma chambrée ça sniffe l'amour
Flottant dans la sueur on est moins lourd
Un pète au casque
Le pèt' un masque
On tient l'alcool
L'alcool nous tient
La complainte du mec plein
Sa pinte
La plainte de ses reins
Des hommes pingouins tirent les ficelles
Font un foin de rien comme des pucelles
Y'aura pas d'thème
Mais des je t'aime
Garde tes totems
Frappe moi d'anathème
Tous vos baptêmes battent de l'aile
Et on s'envole
Mes pieds s'dérobent
Ta robe s'envole
La weed m'emmène
Les rides s'amènent
Reste un sale gosse
Face aux négoces
Au capital qu'on engrosse
Atroce apostrophe
Des zonards au bout des lignes
Des tarins tarés au bout des lignes
Des gros poissons,
Des p'tits poissons au bout des lignes
J'gratte entre les lignes,
Des lignes ma sève,
Des lignes de rage,
Tes lignes de rêve,
Tes lignes en nage.
Des tarins tarés au bout des lignes
Des gros poissons,
Des p'tits poissons au bout des lignes
J'gratte entre les lignes,
Des lignes ma sève,
Des lignes de rage,
Tes lignes de rêve,
Tes lignes en nage.