Ciel voilé

Quand on lève anxieux les yeux au ciel
Tout est gris
Le cloud nous cache le soleil
Si tu suffoques
T'as qu'à t'baisser
Y'a des brassées d'air sous le virtuel nuage. 

Train


Chaque fois que je m’assois, je me dis : elle va poser son fessier charmant à côté de moi.
J’aurai quelque chose de spirituel à dire, une réflexion à la fois drôle et profonde.

En plus d’être ravissante, elle aura de l’esprit. Et tout s’enclenchera naturellement, le numéro de séduction, l’inévitable numéro de téléphone jusqu'au numéro de cirque. On partira ensemble, le lit comme terrain de jeu pour des galipettes endiablées avec cet ange sorti des cieux de la SNCF.
J’aurai une pensée émue pour mon papy cheminot. Car pour sûr, cette fille est un signe d’espoir que l’ancien tant admiré m’envoie.

Et là, un certain Bernard, un quelconque Jean-Pierre, trempé de sueur et de suffisance, le ventre débordant de sa chemise, un de ces vieux cadres apathiques sur le retour posera son volumineux séant à côté de moi.
Je lui dirai sûrement bonsoir, et il écrasera de ses 100 kilos mon fantasme.
Je sentirai tout le poids de ses remords oubliés, et il s’affalera ainsi, sans classe aucune. Je regarderai son minois déconfit, sa mâchoire pleine de dents de vieux loup souffreteux. Il me volera  l'accoudoir en me regardant avec condescendance, comme pour dire : j’incarne ta déception, j’ai l’affreuse trogne de la réalité.

Dans ces instants minables, mieux vaut sourire.
Et qui sait, c’était peut-être la dernière des connasses ?

Noctambule

Sombre
Plexus lunaire
Ombre binaire
Exil dessus
Exhibe sangsue
Ma fleur de peau
Chardon
Ma peur un slow
Bourdon
Sous le goudron du poumon,
Pas de plage.

Juste le mal d’être soi.

Sous-sol

J'ai changé le lino en moquette,
La moquette en faux parquet,
Le faux parquet en parquet,
On m'appelle carpette.

Goutte à goutte

Une tâche d'huile de douceur
Dans un océan de violence
Des larmes diluées dans un demi
A demi mort,
Le cœur au bord de tes lèvres,
J'attends.

Le rat qui rit

J'écarquille mon cartilage
Arrache ma coquille
Écart de route
Quatre heures et quart
Prends mon quart
Vise la banquise
Siphonne la coque
Qui m'déteste me suive.

Célébration

Pour mon anniv
J'veux qu'mes ex crèvent
Qu'mes textes crèvent l’abcès
Qu'suinte ma sève
Ma sève sur ses lèvres humides
Ultime trêve
Mon Eve a bouffé la pomme
Mais j'suis seul en enfer
M'en faire c'est ma passion
J'ai la névrose en bandoulière
Tout est rose quand le spliff brille sur la poudrière.